
Ce forum est consacré aux personnages de jeux de rôle de Second Life. Vous pourrez ainsi y écrire leurs histoires, leurs fiches de personnages et le Background des sims présentées.
|
|
| | Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 | |
| | Auteur | Message |
|---|
Dove Starostin Admin

Messages: 25 Date d'inscription: 06/08/2010 Age: 37
 | Sujet: Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 Ven 4 Fév - 0:43 | |
| Roulements de tambours...
Le sujet du premier Concours de Nouvelles du Codex est :
FLEAU Vous avez jusqu'au 4 avril, minuit pour déposer vos histoires, à la suite de ce sujet. Les règles du déroulement du concours se trouvent ici : http://codex.frenchboard.com/t106-les-concours-de-nouvelles-du-codexParticipants actuel : - Ambre Boram - Francis Dubrovna - Llinna Magic - Shaya Aho - Cyril Pausch
Dernière édition par Dove Starostin le Ven 25 Mar - 10:11, édité 2 fois |
|  | | Francis Dubrovna
Messages: 6 Date d'inscription: 31/07/2010
 | Sujet: Génération à suivre Sam 12 Fév - 15:04 | |
| TEXTE DE FRANCIS DUBROVNA
Bon. Mon truc fait un peu plus de 2000 mots.2094 exactement. Si c'est disqualifiant, disons que je le place hors concours. Pour le fun, parce que je n'arrive pas à supprimer encore des mots. Amitiés à tous ! Francis +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ Génération à suivre. Nu, assis à même le sol, le dos calé dans l’angle d’une grange sombre et délabrée, l’enfant s’éveillait doucement. Il ouvrit de grands yeux verts qui le piquèrent rapidement. Il battit des paupières, plusieurs fois, par nécessité d’abord puis juste par jeu. Il découvrit enfin que, devant lui, se tenait quelqu’un, accroupi, et qui le toisait d’un air énigmatique. Il sut que c’était un garçon. Sa tête semblait exempte de toute autre connaissance. Il naissait à la vie et découvrait sa respiration, l’atmosphère humide des lieux, l'odeur, le froid, la lumière, le contact agréable du sol sur ses cuisses, le doux frottement de ses cheveux sur ses épaules, le bruit ambiant, fait de vent, de craquements du bois et de cris d’oiseaux. Le garçon lui parlait. Curieusement, l’enfant comprenait. Cela l’amusa. - Il faut partir Kye ! On ne peut pas rester ici, ce coin est dangereux la nuit. Dangereux ? Il n’avait pas encore appris ou réappris la peur. - Qui es-tu ? Ces mots étaient sortis sans effort. Ils avaient brûlé sa gorge trop sèche. - Shéol. Tu ne te rappelles pas ? On s’est déjà vus hier ! - Hier ? L’enfant haussa des épaules. Hier n’existait pas, ou plus. - J’ai l’impression que tu ne te rappelles plus de grand chose. Le choc peut-être. Je te dirai tout, mais pas ici, pas maintenant. Viens, on y va. Kye ne connaissait ni le doute ni la méfiance. Il se leva et découvrit les mouvements pour déplier son corps. Il chancela mais retrouva rapidement son équilibre. Ses muscles se révélaient ankylosés mais vifs. Il était plus petit que Shéol et il en fut chagriné. La pièce était nue et vide. Il la reconnaissait vaguement. Un autre corps était là, mais étendu au sol, fait d’une tête énorme sur un corps chétif à la peau grise. Il gisait dans une marre de sang. Kye frissonna. Etait-ce de l’inquiétude ? - Qui est-ce ? Le grand garçon hésita puis souffla bruyamment en réalisant qu’il ne pourrait éviter quelques explications. - C’était David. L’un des derniers généticiens encore en vie. C’est lui qui t’a créé. Là, il est mort. Kye marcha sur des gravas qui crissèrent et mordirent la plante nue de ses pieds. Il découvrit la douleur et évita soigneusement les autres débris. Shéol sortait déjà. L’enfant le suivit sans hésiter, s’éloignant du cadavre avec un soulagement qu’il ne s’expliqua pas. Le dehors était grand. Ici, aucun craquement n’accompagnait ses pas. Le sol n’était pas dur mais à la fois mou et résistant, massant avec bonheur la plante nue de ses pieds qui creusaient des empreintes amusantes dans la terre humide et tiède d’un jardinet abandonné. Il reconnaissait sans les identifier vraiment, les formes d’un univers connu, des sensations jadis éprouvées mais effacées de sa mémoire. Ils passèrent un portail de bois rafistolé de fils de fer et de tôles, puis s’engagèrent dans une grande rue rectiligne bordée d’immeubles en ruine et envahis de ronces et de corbeaux. Un air frais rosit les joues de Kye. Il goûta le délice de se sentir vivant. - Brrr. J’aime pas ce quartier. Lâcha soudain Shéol. L’enfant resta muet. Il sortit de sa rêverie, parcourant des yeux les façades éventrées et les portes brisées. Que s’était-il passé ici pour que rien ne soit vraiment semblable à ce vague souvenir qui flottait dans sa tête sans qu’il ne puisse en former une seule image bien claire ? - Tu verras, au bunker, j’ai de quoi te laver et t’habiller. Son compagnon l’attrapa par la main et l’entraîna de force sous l’effet d’une crainte que Kye commençait lui même à ressentir. Quelques ombres, ça et là, glissaient subrepticement derrière les fenêtres brisées, poussaient des planches clouées en travers des entrées sans porte pour mieux observer les passants. - Les chaarts ! Sortent pas de jour d’habitude, maugréa Shéol qui scrutait les environs. Peut-être l’odeur du sang. Devant eux, la rue était dégagée si ce n’était quelques amas de ferraille, mangés de rouille. Shéol passa entre eux, traînant toujours derrière lui son protégé qui le suivait d’une démarche souple. Il se souvint du mort et bloqua la course de son nouveau compagnon. - Pourquoi ? fit-il simplement. Sans lâcher sa main, Shéol stoppa à son tour et se retourna vers lui, mais ses yeux couraient d’une façade à l’autre, épiant le danger inconnu, passant rapidement sur le visage ovale et les grands yeux verts qui le toisaient d’un regard envoûtant et fixe. - Pourquoi, quoi ? répondit-il enfin. Faudrait pas trop traîner, là. - Pourquoi la mort ? - David ? fit le grand soudain gêné. - C’est quoi la mort ? - La mort ? C’est … c’est un peu compliqué. tu n’es plus là, dans ton corps, tu vas ailleurs. - Il faut un corps pour vivre. Non ? Ailleurs, il y a un corps pour lui ? - Oui … sûrement ! - Pourquoi avoir créé un corps pour moi alors ? Je devais en avoir un ailleurs, moi aussi. Shéol grogna, puis tira plus fort, entraînant l’enfant le long de l’ancienne avenue et vers le bois touffu qui l’avait envahie quelques centaines de mètres plus loin. Des mouvements se firent plus évidents dans les immeubles. Shéol, visiblement inquiet, allongea le pas et cria sans se retourner un ordre impérieux sur un ton de panique. - Cours ! Cours vite ! Ils se lâchèrent la main et coururent droit devant eux, tentant de gagner au plus vite la forêt. Derrière eux, Kye entendit une clameur monter, puis sentit un effleurement sur son épaule. Tournant la tête tout en courant, il aperçut son poursuivant : Un homme monstrueusement déformé, au visage purulent, rougi et dégoulinant d’humeur visqueuses. Le monstre tentait d’agripper sa proie d’une main décharnée. Il criait des mots presque incompréhensibles, rappelant des termes injurieux que l’on réserve ordinairement aux femmes de mauvaise vie. Cet homme était aussi fou que monstrueux. Sa démarche, bancale, était néanmoins rapide. D’autres silhouettes macabres sortaient par dizaines des immeubles et répondaient en de longs râles bestiaux aux appels des premiers. Terrorisé à présent, Kye allongea à son tour la foulée, rattrapant Shéol en un instant et le dépassant sans effort. La panique irrépressible l’avait soudain survolté. Il s’enfonça dans les premiers taillis puis la forêt dense qui prolongeait ce quartier dangereux sans ralentir sa course effrénée, sans se rendre compte que, derrière lui, stupéfaits par les soudaines performances de l’enfant, les monstres s’étaient figés sur place. Shéol en profita pour s’esquiver à son tour et rappela son compagnon dès les premiers fourrés franchis. Kye se calma, stoppant sa course aussi soudainement qu’il l’avait commencée. Le grand garçon le rejoint, plié en deux, reprenant son souffle avec difficulté sous le regard étonné de l’enfant, pour sa part nullement fatigué de sa course folle. Enfin remis, vexé, le grand reprit sans un mot la main du petit pour le guider à travers les taillis envahis de ronces et de serpents qu’il fit fuir en frappant le sol de ses pieds. Les lieux avaient été autrefois bâtis. Il subsistait au sol quelques vestiges de trottoirs et, curieusement, quelques plaques d’égout parfaitement conservées, posées à plat dans leur logement bien dégagé. Apercevant le regard de l’enfant, Shéol le rassura tout en marchant. - Les enfants de Kaala ne nous feront rien tant que nous les respecterons. De plus, ils empêchent les chaarts de s’aventurer ici. - Ce sont des enfants ? - Disons que Kaala les appelle comme ça. Ils se nourrissent de chaarts. L’enfant frissonna à cette évocation et préféra ne pas avoir plus de détails. Ils débouchèrent soudain dans ce que Kye prit tout d’abord pour une grande clairière. L’immensité du lieu lui fit presque perdre l’équilibre. Ils étaient debout, côte à côte, leur longue chevelure du même noir de jais flottant au vent chargé d’embruns. Le grand était vêtu d’un jean déchiré et des restes en lambeaux d’une chemise rouge. L’enfant, nu comme un ver, tremblait autant de froid que sous l’émotion du paysage qu’il découvrait. Devant eux, la falaise plongeait sur des dizaines de mètres en contrebas, là où se brisaient en hurlant de fureur des murs d’eau écumeuse, coulant après avoir frappé la roche vers une immensité liquide d’un bleu vert cristallin. Kye était visiblement émerveillé. - C’est beau, hein ! fit Shéol, heureux de son effet. - Qu’est-ce que c’est ? - Ben, la mer ! - Elle va où ? Shéol haussa les épaules et répondit sur un ton étonné : - La mer ? Elle va nulle part. Elle est là, c’est tout. - Mais, là-bas ! Kye montra du doigt l’horizon et ajouta : C’est en train de couler sur les bords ! - Là-bas ? Mais c’est l’horizon ! Là-bas, si tu y vas, tu vois comme d’ici, un grand rond autour de toi. Kye resta pensif quelques secondes. - Toute cette étendue d’eau ! Il n’y a aucun trou pour que ça se vide quelque part ? Shéol ignora la question. - Viens, chez moi on sera en sécurité. En plus, tu pourras y prendre une douche bien chaude et t’habiller. J’ai retrouvé une malle avec plein de jolies robes et tout ça … Kye le fixa, les yeux écarquillés de surprise. - Des robes ? C’est quoi ? - T’as jamais vu de robe ? C’est vrai que ce fou de savant s’est contenté de te créer et t’étudier. Il a oublié de te parler de la vie. - Des robes ? insista l’enfant. - C’est un vêtement pour les filles. Pour… il fit des gestes larges de ses bras, suivant les contours du corps de Kye, montrant tour à tour les formes arrondies des hanches, le creux prononcé de la taille, les deux petits seins pointant effrontément sur un torse de gymnase, le tout conçu avec des gènes humains soigneusement sélectionnés par le généticien surdoué. - … pour couvrir … tout ça ! Il semblait gêné. Kye baissa les yeux sur ces formes que lui avait données son créateur. - Je … je suis … une … fille ? - Tout ce qu’il y a de plus jolie et authentique ! lança sans réfléchir le jeune homme. Enfin … presque, corrigea-t-il. Levant des yeux arrondis de surprise vers le garçon, Kye lui trouva un air soudain curieux. Il la détaillait à présent sans vergogne. Elle couvrit sa poitrine de son bras, cachant son sexe de son autre main, tremblante sur ses jambes lacérées par les ronces. Elle se rappela les mots insultants que les monstres avaient lancés en la poursuivant, elle, avec des intentions qu’elle comprenait soudain. - Il me faut des habits ! fit-elle avec autorité en se penchant légèrement vers lui, vrillant son regard vert dans le noir du sien, le toisant d’un air de reproche, un pincement aux lèvres et les sourcils froncés dans une expression soudain très féminine. Shéol éclata d’un rire sonore. Elle lui donna un coup de pied qui ne le calma pas. Quelques minutes plus tard, les deux compagnons se dirigeaient vers l’extrémité du cap qui pointait vers la mer, flanqué d’un bâtiment en forme de blockhaus. La petite troupe, au pas de défilé, se découpait devant le soleil couchant, levant haut les jambes en une démarche enfantine, les bras et les jambes parfaitement accordés, fiers et heureux d’être vivants et ensembles. La petite silhouette suivait en la surveillant la plus grande qui avançait la tête haute en riant toujours d’un rire sonore qui faisait s’envoler des nuées de mouettes blanches. Non loin de là, Une silhouette courbée et difforme veillait. Kaala, attentive et discrète, suivait le couple de ses yeux rouges et globuleux. Sa patience était enfin récompensée. La nuit, alors que la fille et son créateur dormaient, elle effaçait avec application tous les souvenirs de Kye. Alors que le garçon dormait, elle l’avait longuement influencé pour lui apprendre la vie et le pousser à s’approprier la création du vieux fou de David, quitte à le tuer si cela devenait nécessaire. De fait, la création de David n’avait comme seul équivalent sur la dernière île habitée de la planète, que la création séculaire d’un autre savant qu’elle avait du tuer elle-même à l’achèvement de son œuvre. Elle avait conservé Shéol, endormi pendant des décennies, en attendant l’occasion d’enfin le réveiller. La science génétique des hommes avait ainsi reconstruit ce qu’elle avait détruit quelques siècles plus tôt : L’humanité originelle. Les deux enfants devaient se rencontrer, vivre ensemble et procréer. Parce qu’une fois de plus, l’humanité avait besoin d’un Adam et d’une Ève. |
|  | | ambre boram

Messages: 12 Date d'inscription: 07/02/2011 Age: 39 Localisation: 54
 | Sujet: Re: Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 Jeu 17 Fév - 11:24 | |
| TEXTE DE Ambre Boram Centraure - prémices Comment en sommes nous arrivés là ? À nous détester alors que nous sommes de la même souche ?
J’appartiens aux générations d’après le grand cataclysme, quand l'humanité s'est divisée en deux branches : les mutants dont je fais partie et ceux qui sont restés originels, protégés, une élite qui décline alors que mon peuple grandit et gronde. Mon peuple est exploité pour sa force équine, car nous avons été sélectionnés par ces demi-portions, une espèce fragile qui n’est pas même capable de comprendre notre mode de communication.
J'ai souvent écouté les anciens, hommes ou centaures, conter à leurs enfants et petits enfants ce qui a mené à cette disparité. Le virus, une erreur de la nature comme disent les hommes qui sont pourtant à l’origine de sa propagation, puis les changements climatiques brutaux, ont entraîné l’extinction de la plupart des espèces et la nécessité de sauver l'élite.
Qui a choisi qui est l'élite ? Pas moi ! Pas mes parents, ni mes grands parents, ni mon ancêtre "Jolie Cœur", la première équidé.
Avant que cela n'arrive, il n’y avait qu’un seul et même peuple humain ... et quelques fous.... qui ont poussé notre belle planète bleue à sa perte. Des virus ont commencé à engendrer des mutations aux fœtus, et généré des sous espèces différentes. La mienne a été conservée, alors que les autres ont été froidement éliminées. Je n'ose imaginer ce qu'il est advenu de la "nourriture" que procurait cette manne de mutants. Oui, eux, ces hauts placés dans leurs abris de verre, à regarder les pauvres ... ceux qui avaient refusé de se soumettre pour devenir des objets, des animaux. Nous savions qu'un jour nous n'aurions plus de place pour tous, mais de là à en arriver à cette déchéance ! A la place de trouver des compromis, c’est à dire de nouveaux moyens de subsistances, une poignée de l'élite a décidé d’exploiter une nouvelle faune qu’ils ont créée en profitant des mutations.... je suis issue de ça, de cette horreur.
Je vis en troupeau. Ma chevelure est une crinière bleue allant jusqu'au bas de mon dos. Mes bras sont atrophiés. Mes jambes ont l'allure de pattes d’équipés, et la sélection des premiers a fait ce que nous sommes ... immenses par rapport à eux, capables de les porter sur de longues distances et de tirer de lourdes charges. Ils nous nomment « Centaure ».
Malgré la connaissance qui essaye de se perpétuer entre ceux de mon clan, nul ne sait si d'autres "espèces" ont survécu ailleurs. Ce que je sais et ce dont je suis sure, c'est qu'un jour viendra où nous serons délivrés de leur joug. Une légende raconte qu'un homme, issu de l'union originelle, viendra libérer les miens et que nous repeuplerons cette belle planète d'une race nouvelle. Le peuple des tours de verre ne vit plus à l' abri de ses fragiles forteresses. Toute sa technologie a sombré car personne ne peut plus l’entretenir.
A ce jour, ils vivent dans d’anciens bâtiments de pierre et non plus dans ces tours dont on peut voir des vestiges ça et là, envahis par des plantes qui reprennent leurs droits.
Je suis là parmi les miens, et je sais que bientôt, je le sens... tout va changer. Tout va se transformer à nouveau pour un monde meilleur. Je l'espère,le Sauveur est proche. Si ce n'est avec moi, ce sera avec ma fille ou celle de ma fille. Mon peuple n'aura plus longtemps à attendre.
Baad'fa me fait la cour depuis quelque temps et me protégera des humains et, malgré l'envie d'être l'élue, je pense que je vais me retourner vers lui pour me protéger. Celles qui n'ont pas de mâle et ne participent pas à la reproduction peuvent parfois être choisies comme "compagne de plaisir" par ces avortons et ça, je ne peux pas, je ne veux pas. Je veux rester fière et libre parmi mon peuple.
Les petits bipèdes qui nous dominent ne voient pas leur fin arriver. Ils sont insignifiants. Ils sont des mammifères du passé et nous, l'espèce générée par leur folie, nous allons prendre le pouvoir, pas de ce pouvoir meurtrier semblable au leur, mais le pouvoir de la vie, de la fertilité et la fécondité de la terre. De notre mère nourricière, nous y ferons attention, nous la chérirons et, ce jour de renouveau, les chants de tous les animaux résonneront comme une louange à cette terre renaissante.
A quand le digne héritier du premier des humains compatibles avec ceux de mon peuple ?
Déjà des mâles se rassemblent et des groupes discrets refusent de se soumettre aux biens pensants. Certains jeunes humains se retrouvent bousculés, piétinés, en guise de mises en garde. Malgré leurs aiguillons et le sang de nos mâles qui tache le sol doré, ces impétueux géants ne faiblissent pas.
Nous, les sages de notre espèce, les soutenons sans trop nous faire remarquer. Il serait dommage que la folie des hommes les pousse à tous nous massacrer. Nous dissimulons ceux qui font des attaques hors des fermes où nous sommes parqués en attendant. Notre mode de communication nous permet de rester presque toujours en contact les uns avec les autres. Il est horrible de constater comme les humains saignent en quantité alors qu'ils sont embrochés sur les cornes équipées pour les combats en arène. Non, nous ne sommes pas des animaux, nous sommes une race supérieure. Nous ne voulons plus de cet abattage, de cette folie meurtrière dans nos clan. Que le sang humain aille à son tour nourrir Gaïa, celle qui donne la vie.
Les villages alentours sont ravagés par la folie. Le sang excite encore plus les jeunes mâles qui participent à cette vague de rébellions. Ni femmes, ni enfants ne sont épargnés. Seuls les villages avec clôture haute et électrifiée sont épargnés lors de ces semaines noires. Les mâles à cornes rouges fuient et ne rentrent plus. Ils se cachent dans les forêts denses. De plus en plus de jeunes mâles ont quitté les troupeaux. De ce fait, si je n'avais mon compagnon resté à mes cotés, je serais surement devenue une égérie de je ne sais quel humain, haut placé. Car nous sommes bien peu à posséder cette crinière bleue qui les fait fantasmer.
Chaque jour que la terre nous donne, je la remercie et prie les renégats de se calmer, de rejoindre d'autres clans éloignés et d'arrêter le massacre. Le jour viendra, mais pas ainsi. Le sang a assez coulé ... Seul ... seul le lien des deux espèces fera naitre une nouvelle ère. |
|  | | Llinna Magic

Messages: 11 Date d'inscription: 30/08/2010
 | Sujet: ESTIMABLE FLEAU Mer 16 Mar - 17:11 | |
| ESTIMABLE FLÉAU
La jeune fille vomit le mélange de sable et d'eau de mer qu'elle avait dans l'estomac, hoquetant et toussant , arque boutée sur le sable humide. Puis retombant sur le ventre,grelottant de fatigue , a demi noyée elle releva la tète fixant le spectacle devant ses yeux,.Elle apercevait un bout de quai noircit de saleté sur lequel allaient et venaient des gens dont elle ne voyait que de lourdes bottes, parfois un bas de robe, ou des pieds nus . Elle essayait vainement de se lever quand quelque chose happa ses cheveux la forçant a se mettre a genoux, tirant avec une force qui lui arracha un cri de douleur. En face d'elle se tenait une sorte de tour de tissu, quelque chose ressemblant a un lourd velours, de couleur bleu foncé On ne pouvait voir ce que c'était, un amas de voiles et de linges d'où sortait une main gantée, petite , menue mais d'une force peu commune Tout cela vociférait d'une voix criarde en un langage dont elle ne comprenait que quelques bribes éparses, de sorte que le sens général lui échappait On pouvait comprendre une colère a peine contenue, un agacement, mais ce qui blessa la jeune fille, le ton était empreint d'un mépris même pas voilé .La chose qu'elle n'osait appeler femme, la trainait, grelottante de froid et de terreur jusque sur le bois du quai. Là, le bruit était assourdissant: piaillement de volailles, cris d'enfants, rires d'hommes une musique lancinante en bruit de fond lui agaçait les dents La femme ne la lâchait pas, l'obligeant a avancer à demi courbée ,tombant tous les trois pas En temps normal, sa très haute taille , sa force, auraient eu raison de sa tortionnaire, mais elle avait dans la bouche un goût de produit chimique ecoeurant , elle se sentait faible, la tête lui tournait. Une voix grave , vociférant, lui fit lever les yeux avec peine . Elle tomba sur les genoux, gémissant sous la poigne qui la forçait a lever la tête. Affolée, elle essaya de faire lâcher ses cheveux à la main qui les tenaient, mais une gifle magistrale lui fit lâcher prise. Devant elle se tenait un homme immense, un géant aux longs cheveux noirs et raides...le visage taillé au couteau, les sourcils broussailleux.. Une expression de mauvaise humeur sur ce visage laissait présager un caractère violent et déterminée. La jeune fille essayant de se dissimuler derrière la tour de vêtements, se mit a trembler de tous ses membres , elle poussa un cri ou la peur et la révolte se mélangeaient .Il semblait que la femme,dont la main n'avait pas un instant lâché la tignasse emmêlée qu'elle avait sur la tête , parlementait avec l'homme. Chacun a tour de rôle faisaient « non » de la tête .Le ton de la femme était péremptoire, elle ordonnait plus qu'elle ne parlait, sa voix était posée et aucune émotion n'était visible dans son discours. L'homme était semblait il, furieux et de fort méchante humeur , il parlait avec respect , mais son accent rocailleux laissait présager qu'il ne perdrait pas un pouce d e terrain..il se baissa soudain et arracha les haillons déchirés qui couvraient la jeune fille , la dénudant entièrement, la scrutant du regard , il fit une moue dédaigneuse, puis il haussa la voix et désigna d'un doigt impérieux dans le coin une grande cage dont la porte était ouverte. La femme traina la jeune fille jusqu'à la cage avant d'enfin lâcher ses cheveux, et l'homme la poussant violemment du pieds la fit entrer a l'intérieur avant de refermer la porte d'un coup sec, faisant tomber le loquet qui la verrouillait . Le jeune fille hurla de peur s'accrochant aux barreaux, se terrant au fond comme un animal battu. Nue, apeurée , la tête embrumée elle s'endormit comme une masse contre les barreaux. Lorsqu'elle émergea de sa torpeur la nuit tombait sur ce qui semblait être une auberge, le même bruit de voix, la même musique étrange l'environnaient, elle vit passer dans l'angle de la cage, furtive, une petite silhouette demi nue, qui vint l'examiner à! travers les barreaux. C'était une autre jeune femme, très belle, brune,au regard vif et doux. Elle s'accroupit près de la cage , curieuse, et se désignant du doigt elle prononça d'une voix musicale: « Mira » puis montrant un homme attablé plus loin , elle se mit a parler rapidement , mais l'incompréhension qu'elle lisait dans le regard de la captive lui fit rapidement perdre courage et elle s'éloigna . Stupéfaite la jeune fille dans la cage la vit s'agenouiller devant l'homme, le visage baissé dans une position de totale soumission .C'est alors qu'elle sentit une autre présence. Il s e tenait près de la cage et la regardait avec attention .Elle recula dans le coin le plus obscur essayant de cacher sa nudité .Elle savait a quoi elle ressemblait: une tignasse emmêlée, blanche a force d'être blonde, des yeux d'un bleu très clairs, une peau halée, et surtout sa taille qui la forçait a garder la tête baissée dans la cage. Mince et très grande,plus grande que bien des hommes, elle était pour l'heure d'une saleté repoussante. L'homme tenait a la main deux sortes de volatiles dodus , il les jeta sur le comptoir d'une main sure. Il était d'une taille moyenne, vêtu de ce qui semblait être une tunique de peau, les jambes enserrées dans des braies lacées très haut, chaussé de bottes. Ses yeux étaient bruns et doux sur la captive, elle prononça ses premières paroles depuis son arrivée: « aidez moi!!! », les mains serrées sur les barreaux de la cage. L'homme sursauta, et la regarda plus attentivement, puis il repris ses volatiles, et d'un pas rapide s'approcha de celui qu'elle avait compris être le tenancier de l'endroit. Désignant la captive du doigt il brandit les oiseaux sous le nez de l'homme , puis mis ses poings sur ses hanches pendant que les oiseaux étaient examinées Enfin, faisant un geste dédaigneux vers elle l'aubergiste hocha la tête, mettant dans la main de l'homme la clé de la cage. Il s'approcha d'elle et lui dit très doucement: « je suis Bax, le chasseur. ».. elle en aurait pleuré de bonheur d'entendre quelqu'un parler sa langue, et de le voir ouvrir la cage .Il tenait a la main un morceaux de fer rond. Soulevant d'un geste vif sa chevelure emmêlée il lui passa le fer au cou le fermant brutalement. Le claquement du collier la fit sursauter et plus encore quand il glissa deux doigts entre le collier et la peau ,la forçant a sortir nue de la cage et le suivre dans la rue. Il s'éloignèrent, lui toujours la tirant et très vite s'engagèrent dans un chemin creux au bord d'une rivière. Désignant du doigts un endroit ou le courant était moins vif il lui dit: « Laves toi! » la jeune fille entra dans l' eau , se frotta d'une poignée d'herbe essayant de démêler un peu sa très longue chevelure. Bax la regardait pensif, il scrutait sa haute taille et la bizarrerie du contraste entre la peau halée et le blond des cheveux « Il y a des choses que tu doit savoir! Tu est ici sur Gor une autre planète que la tienne, et a présent tu es mon esclave! » La captive tournant la tête, lui jeta un regard glacial: « Que sais tu de ma planète? Je ne sais même pas qui je suis « « Tu vas devoir apprendre a être une esclave »... l'homme éclata de rire. « Moi une esclave? » … loin d'être furieuse, la jeune fille avait l'air étonnée, les sourcils froncés comme si elle cherchait en vain un souvenir au fond de sa mémoire. Lentement, elle sortit de l'eau et se mit a genoux. « Que gagnerais je a être une esclave? ».. « La survie! » répondit l'homme d'une traite. La jeune fille hocha la tête puis de sa voix douce lui murmura: « je m'appelle Lina » Bax le Chasseur la considéra attentivement puis un pressentiment se faisant jour en lui il lui répondit d'un air grave : « je vais garder ce nom pour toi ,et je ne te marquerais pas , ainsi tu pourra un jour être de nouveau libre » Lina lui sourit et lui tendit sa main. Il la releva lui intimant l'ordre de le suivre. Marchant tous deux cote à cote ils montèrent sur les remparts de la ville . « Tu vois, cette ville devant toi , à nos pieds, c'est Caithris... a présent lève les yeux « Dans le ciel, très haut brillaient deux lunes au milieu d'un ciel fait de millions d'étoiles. Les lunes pleines et rondes semblaient deux mères veillant sur leurs enfants,le ciel noir scintillait , ou étaient ce les yeux de Lina qui brillaient de larmes? Pourquoi est ce qu'elle se sentait soudain en sécurité et chez elle? Pourquoi la peur s'était elle enfuit? Pourquoi en elle naissait ce sentiment étrange de farouche détermination? Elle ne savait pas. En elle, plus de questions que de réponses, elle s'appuya un instant sur l'épaule de Bax. « Viens redescendons il est temps de prendre du repos « La prenant par la main il la guida jusqu'à une maison abandonnée .Il poussa la porte, et étendit par terre une sorte de tapis de fourrure . Il la força a s'assoir près de lui. La cité était calme, aucun bruit . Il releva doucement son menton d'une main, plongeant dans ses yeux clairs. « Tu es belle une fois propre , tu feras une magnifique esclave » La main du chasseur se referma doucement sur un sein et il approcha le visage du sien, ses lèvres cherchant sa bouche. Fascinée la jeune fille, le laissa faire , aussi la morsure la surprit- elle. Il la mordit cruellement a la lèvre , sauvagement. Elle hurla, se débattant, le gout du sang envahissant sa bouche... « Mais c'est pas finit ce boucan? On va pouvoir dormir? Allez vous occuper de vos esclaves ailleurs!! » La voix criarde la fit sursauter,reconnaissant celle de la femme sur la plage. Elle le repoussa , se reculant, la main sur sa bouche, les yeux agrandit de peur. « C'est Dame Paynes ma fille! Un véritable fléau!!!! Dormons a présent » Lina leva le regard vers le plafond jouxtant les appartements de la dame , puis se roulant dans la couverture que lui jeta Bax le Chasseur elle s'endormit d'un seul coup. Cette nuit la elle rêva d'une contrée enneigée ou une femme vêtue de vert la serrait dans ses bras, doucement, avec amour. Elle se vit enfant jouant dans les jambes de son père pendant que retentissaient les rires et les voix tonitruantes des guerriers... rêve qu'elle fit nuit après nuit a présent que le destin l'avait remise dans les traces de son passé. |
|  | | Shaya Aho

Messages: 1 Date d'inscription: 24/03/2011
 | Sujet: [b]FLEAU " Projet LoveForever"[/b] Jeu 24 Mar - 21:17 | |
| FLEAU «Projet LoveForever »
J’ouvris les yeux lentement, le soleil me chauffait le visage et ma gorge était sèche. Je me hissai tant bien que mal sur mon coude, et regardai les alentours…. Triste paysage de désolation que je découvrais doucement les yeux écarquillés et la bouche légèrement ouverte.
Jaimie ! ! Sydney ! ! Je me mis à hurler le nom de ma femme et de ma fille, la terreur se lisait dans mes yeux.
Je ne reconnaissais plus rien… tout était en ruine. J’étais aux aguets de la moindre silhouette, du moindre bruit… mais rien …rien que le... Silence. Je réussis enfin à me lever en poussant un petit cri. Ma jambe était blessée, je sentais à présent le sang qui coulait un peu sur ma peau nue. J’étais nu, enfin presque, quelques lambeaux tenaient, accrochés à mon corps. Je posai mes yeux sur ce qui avait dû être ma maison. Le cœur battant à tout rompre, je m’y dirigeai en boitant et grimaçant un peu.
Jaimieee ! ! Syd ! ! ! Répondez-moi par pitié ! ! !
Mes cris étaient secoués par des sanglots que je ne pouvais contrôler. Je me mis à fouiller, arrachant tout ce qui se trouvait devant moi et me faisait obstacle. Mes yeux se posèrent un instant sur une poche en plastique. J’allais la jeter quand je réalisai soudain que c’était de l’eau. Mon premier réflexe était de l’ouvrir, chose que je m’apprêtais à faire quand je vis la poupée en chiffon de Sydney. Je stoppa net, accrochai la poche à mon cou par la lanière qui pendouillait. Je repris mes fouilles de plus belle. Mes mains etaient en sang, mais je ne sentais pas la douleur, une seule chose comptait… retrouver mes femmes.
Je fouillais en vain, mon corps tomba sur le sol, il ne pouvait plus donner. Je réussis à prendre la poche d’eau et à la ramener à mes lèvres, je pinçai le petit embout d’où jaillit l’eau. Je me désaltérai tout en respirant fort, les yeux mi-clos. Appuyé contre ce qui semblait être un mur, je constatai que le soleil se couchait. Je me retrouvais là, dans ce qui devait être ma maison. Je sentis une goutte d’eau sur ma main. Je levai les yeux mais le ciel était clair. J’allais ne plus y faire attention quand une seconde goutte tomba. Je me redressai un peu et portai ma main sous mon nez. Je sentis celle-ci… mais rien. Je portai donc ma langue doucement dessus et la goûtai. C’était salé et Je réalisai qu’il s’agissait de mes larmes. Soufflant, je repris appui sur le mur, fermant les yeux et essayant de me souvenir… J’étais alors dans mon bureau à travailler comme d’habitude, j’entendais encore les cris de Sydney jouant dans le jardin. Je revoyais Jaimie entrer en trombe dans mon bureau.
- Josh ! ! ils arrivent ! ! ils arrivent ! ! nous devons nous mettre à l’abri …elle me regardait suppliante et me tira par le bras joignant ainsi le geste à la parole.
- Oui Jaimie… calme-toi, je viens.. va donc chercher Sydney et je vous rejoins, je finis d’envoyer ce mail, il le faut..
Elle me regarda et acquiesça en silence, puis se dirigea vers le jardin où se trouvait Sydney. La prenant par la main, elles se dirigèrent vers l’abri prévu pour ce jour fatidique. J’ouvris de nouveau mon mail, m’étant assuré que Jaimie n’ait rien pu lire.
« Mon cher Josh, c’est avec tristesse que je t’annonce notre échec pour le projet « LoveForever ». Il est impératif d’y mettre un terme. Notre ennemi Spider a pris le contrôle et biens des nôtres ne sont plus à présent. Je te demande donc de faire ce qui doit être fait et sans plus attendre, il y va de notre survie à tous. Que le courage soit avec toi… Ton ami à jamais Zaïrois. »
Je pris une profonde inspiration, puis répondis :
« Zaïrois, je ne le ferai pas et toi non plus… j’ai la solution ! ! Je te l’envoie de suite. Il te suffit de l’insérer au programme pour que nos amis ne craignent plus rien, je t’en prie, je t’en supplie, fais le ou pardonne moi de le faire, mais je ne peux me résoudre à tout abandonner. Nous vaincrons Spider, j’en suis convaincu … Pardonne mon geste, ce n’est pas une trahison mais un geste d’amour. Je te souhaite bonne chance mon ami. Josh . »
Mon doigt s’abattit sur la touche « entrer »puis, reprenant une grande inspiration, je me levai et me dirigeai vers une salle où se trouvait le serveur. J’y introduisis ce qui devait être l’anti-virus, avalant ma salive, la main sûre, je lançais le processus.
Dehors le cahot régnait déjà, j’entendais les cris, les explosions, mes doigts tapotaient sur le serveur et je murmurai « allez plus vite … plus vite » j’attendis le dernier moment pour courir me mettre à l’abri. Elles étaient là toutes deux à m’attendre. Sydney me sauta au cou.
« Papa ! Vite ! Vite ! Spider est là ! ! ! » Elle me souriait, je la fixai un instant, puis mes yeux croisèrent ceux de ma femme. Elle put y lire mon inquiétude. Les bruits autour de nous se faisaient plus forts et plus rapprochés. Les murs tremblaient. Je vois encore Jaimie m’arracher avec force Sydney, je me mis à hurler « Jaimie ! ! Non ! ! » Elle essaya de s’accrocher à moi en hurlant « Papa ! ! Non je ne veux pas ! ! » Elle se retourna et lança un regard rempli de haine vers sa mère, sa voix de petite fille se changea tout à coup en voix sèche et sans vie « lâche-moi traîtresse ! ! ! Spider te fera payer ta loyauté à l’humain ! ! »
Mon sang ne fit qu’un tour dans mes veines, j’avais échoué…Sydney, la dernière génération des androïdes avait été contaminée par Spider et luttait contre les humains. Je la repoussai aussi fort que je le pouvais hors de la pièce, mais sa force était largement supérieure à la mienne. Jaimie la ceintura et l’entraîna avec elle, ce qui impliquait qu’elle sorte de « la » pièce. -Jaimie ! ! non ! ! Je me mis à hurler, tambourinant la porte qu’elle avait entraînée et fermée derrière elle, sachant qu’elle ne pourrait revenir.
Je t’aime Josh ! ! se mit-elle à crier aussi fort qu’elle le put.
Ce fut ces derniers mots… Je me souvenais à présent… je m’écroulai au sol, recroquevillé sur moi-même et je pleurai comme un enfant, ce que j’avais perdu. Combien d’êtres humains étaient encore en vie ? Spider était-il toujours en activité ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête, mais aucune réponse, seulement le silence après la tempête… j’avais survécu… mais… pour qui ? pour quoi ? |
|  | | Cyril Pausch

Messages: 29 Date d'inscription: 02/08/2010
 | Sujet: Re: Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 Dim 3 Avr - 21:26 | |
| Je poste sur le gong. Procrastination, quand tu nous tiens....
TROIS FLAMMES
Je tourne en rond.
Je sais qu’il y a des moyens de s’en tirer. La clé de mon évasion est forcément à portée, peut être même évidente. Je la trouverais si je pouvais la chercher pour de vrai. Mais je n’y arrive pas. Je-n’y-arrive-pas. Dès que j’essaie de réfléchir à la question, il ne me vient que des idées complètement connes. Affronter la bestiole à mains nues, implorer les esprits pour qu’ils me fassent pousser des ailes… Moins c’est réaliste, plus ça m’obsède et ça prend toute la place, il reste que dalle pour des idées cohérentes.
C’est même pas que je perds la boule. En réalité c’est plus simple et plus subtil que ça : Quand on veut, on trouve des solutions. Quand on ne veut pas, on trouve des excuses. J’ai plus la volonté, là !
Les sorcières l’ont compris, c’est même pour ça qu’elles m’ont laissé sortir de ma cage. J’ai pu entrer dans la grande cour intérieure au sable doré, tanné de soleil. Là, j’ai fait connaissance avec les autres captifs, tous dans un état plus ou moins avancé de transformation en légumes. Les plus dignes s’asseyaient encore en tailleur. D’autres types passaient leurs jours et leurs nuits vautrés en position fœtale, à l’ombre d’un coin de mur, ne se levant que pour aller chercher leur pitance où se soulager dans le trou collectif. Enfin ceux là, c’est ceux qui se lèvent encore. Quelques uns en sont à se chier dessus, et à attendre que les sorcières viennent leur remplir leur bol. J’ose même pas ressentir du dégoût pour ces loques humaines, tellement j’ai la trouille de leur ressembler d’ici un mois ou deux.
Si j’avais su ce qui m’attendait, je me serais peut être pas laissé capturer vivant. J’aurais du me mettre mon couteau sous la gorge, tant que j’en avais encore le courage. Maintenant, même un truc rapide et sans douleur, j’en serais plus capable. Adieu courage, adieu fierté. Faut dire que cette dernière avait déjà pris une sacré baffe, quand ces garces nous sont tombés dessus. On était parti taquiner la sorcière à vingt, avec chacun arc ou pilum à la main, cuirasse, rondache, glaive à la ceinture, ration de survie et j’en passe. Des soldat de Perle, entraînés comme pas possible. En face, les créatures nous sont tombées sur le gras à cinq ou six, juste avec des filets, des bolas, des fléchettes tranquillisantes… de la merde, quoi. J’ai essayé de combattre, juré ! Comme j’avais déjà plus ma lance, j’ai sorti le glaive et foncé droit sur une sorcière qui me dépassait de trois têtes. J’ai frappé de taille dans la peau verdâtre ; Quéquette ! J’aurais aussi bien pu taper sur de l’écorce. Elle allait m’envoyer un gnon quand une de ses copines m’a touché au jambon, avec une de ses fléchettes enduites d’une saloperie qui m’a paralysé tout du bas. De là, j’ai suivi le reste de la bataille en spectateur. Elles ont capturé vivant tous ceux qu’elles ont pu. Quelques uns, ceux qui avaient de l’expérience, ont compris assez vite pour prendre leurs jambes à leur cou avant que l’étau se referme. Une fois passés les sorcières n’ont même pas essayé de les poursuivre, juste de leur tirer dessus. Ceux qu’elles ont loupées s’en sont sortis, à supposé qu’une autre embuscade ne les attendaient pas un peu plus loin. Non, je préfère croire qu’elles ont simplement lâché l’affaire parce qu’elles se savaient incapables de courir aussi vite qu’un humain. Faut bien qu’elles aient des points faibles putain ! En tout cas le corps à corps, faut oublier. Je voyais bien qu’elles faisaient des efforts pour nous capturer vivants, mais certaines ont quand même tapé un chouilla trop fort. Les crânes ont pété comme des coquilles d’œufs, et certains se sont fait labourer la tripaille d’ un seul coup de griffes. A travers la cuirasse, s’il vous plait !
Ensuite, ça a été la séparation, chaque sorcière entraînant son ou ses prisonniers dans un camp différent. La cage d’isolement une semaine, et puis ça. Dans la cour, on est tous à poil. On a juste chacun une cuillère et un grand bol en bois. La geôlière vient nous apporter la pitance une fois par jour, et reste juste le temps de remplir les bols des prisonniers trop ramollis ou trop crétinisés pour aller se servir eux même. La bouffe est toujours la même depuis l’arrivée. Je dis « bouffe » mais en réalité, c’est juste un liquide blanc, crémeux, au goût végétal qui rappelle un peu le lait de soja. Outre que ça donne la chiasse, je soupçonne aussi la mixture d’être bourrée d’un genre de drogue, à l’origine de l’état végétatif dans lequel s’enfoncent les gus. Mais même après l’avoir compris, tout le monde continue de s’alimenter. C’est ça où faire grève de la faim jusqu’à la mort et pour ça, il faudrait du courage. Sinon, il y a bien un puits aussi, au milieu de la cour. Ceux à qui il reste assez de volonté (dont je fais partie mais pour combien de temps ?) tirent de l’eau pour boire autre chose que du lait végétal, se rincer et décrotter un peu ceux qui se sont fait dessus. Pas par charité notez bien, juste pour l’odeur.
Hier soir, tard dans la nuit, « Bonze » m’a réveillé. Je connais pas son vrai nom, mais je l’appelle Bonze parce qu’il passe ses journées assis en lotus, les yeux fermés et le front plissé comme s’il gambergeait si dur que son cerveau se contractait comme un muscle. A la gueule, je pense bien que ça devait être un genre de lettré. Bonze est dans l’avant dernière phase. Il se lève encore pour aller aux chiottes, il se tient droit et il dit encore quelques mots. Il a par contre déjà renoncé à se laver mais c’est pas grave, l’odeur ne me dérange plus depuis un moment. Il devait être particulièrement en forme, parce qu’il m’a sorti au moins une vingtaine de mots. D’abord, « Flamme blanche ». A Perle, c’est le symbole des intellectuels. C’est aussi l’une des trois flammes qui ornent le drapeau, elle représente la lucidité et la probité. Il a répété « flamme blanche » en appuyant sur son front. Ensuite, il a désigné le camp et a répété peste, fléau, contagion. Peste, fléau, contagion. Il posait sa main sur la mienne en disant « contagion ». Pour finir, il a dit « trois flammes, trois courages, vaincre » et s’est effondré dans sa chiasse, à bout de force. Encore à moitié dans les choux, j’ai pas pu aller chercher un seau d’eau pour le nettoyer. Il me restait juste assez de volonté pour aller dormir ailleurs. Je me suis juré de le faire quand même au matin. Tout le reste de la nuit, j’ai rêvé de Perle en proie à une épidémie. Je voyais des femmes, le visage boursouflé comme par la lèpre, des enfants maigres à bouffer des clous, des cadavres traînassant dans la rue sans que personne ne se donne la peine de les ramasser et nos soldats, nos citoyens, nos dirigeants qui ne foutaient rien. Ils restaient assis par terre, dans leur merde, exactement comme, comme…. CONTAGION !
Je me suis réveillé en sursaut, la rage au cul. Je venais de comprendre. D’une façon où d’une autre, ce désespoir, cette apathie qui nous minait fonctionnait comme une épidémie. Nous, on était des agents infectieux, comme les rats à qui ont fait absorber un poison lent pour qu’ils en fassent profiter toute la famille en rentrant dans leur trou. Dire que je les trouvais magnanimes d’épargner leurs prisonniers, quel con. « Faute de courage, ait un coup de rage » disait mon instructeur. C’est pas glorieux, mais ça marche : Ce jour là, j’ai pas touché à leur saloperie de lait végétal. A la place, j’ai voulu me remplir la panse juste avec de l’eau, et je me suis rendu compte que des champignons et des mousses avaient poussé à l’intérieur du puits. Gratter une paroi obscure avec un seau tenu par une corde, c’est pas l’idéal mais après tout, j’avais que ça à foutre. C’était dégueulasse mais comestible. En tout cas, ça m’a pas tué. Le lendemain, j’ai pris garde à paraître aussi mou que d’habitude devant la sorcière mais la colère, le sevrage de lait et la petite victoire de la veille m’avait rendu plus fort. J’ai passé une heure à me laver en me bichonnant comme une vraie princesse. Tout ça pour ensuite gratter le sol à la recherche de vers mais on s’en fout, c’était surtout pour le principe. Au milieu de la journée, je me suis dit « attend mec, quitte à creuser pourquoi tu creuserais pas devant la palissade, dès fois que tu puisses te faire la malle par un tunnel ? ». J’avais franchi une deuxième étape, j’étais à nouveau capable de penser à moyen terme et de travailler aujourd’hui pour demain. J’ai repéré sur un bout de la palissade un coin de bois abimé que j’ai fini de décrocher. Pas parfait, mais toujours mieux que les ongles. Il fallait que je passe rapidement à la vitesse supérieure. Je supporterais peut être ce régime un jour ou deux mais ensuite, je tomberais malade et serait obligé de reprendre du lait à nouveau. Le surlendemain, il m’est venu l’idée d’utiliser mon coin de bois pour élargir un peu plus le trou dans la palissade. J’espérais ouvrir assez large pour passer le bras et trouver peut être des champignons de sol, des feuilles, des bourgeons. Enorme coup de bol, je suis carrément tombé sur un églantier ! J’y croyais tellement pas que je suis resté assis comme un con pendant dix minutes avant de commencer à cueillir. Ce soir là, j’ai pu dormir le ventre vraiment plein, avec l’assurance que j’aurais de quoi le remplir le lendemain aussi. Ce petit jeu a duré dix jours en tout. Au bout du cinquième, je me suis rendu compte que la palissade, non contente d’être fine, n’était pas bien haute non plus, et qu’on pouvait grimper par dessus. On était là dedans comme les vaches qu’on retient par un enclos ridicule qu’elles pourraient franchir d’un simple coup de corne. Au lieu d’en profiter pour m’échapper, je faisais le mur la nuit pour chercher à manger, je retournais chaque matin dans le camp pour la venue de la sorcière… et croyez le ou pas, je passais mes journées à échafauder des plans d’évasion.
Je l’ai parcouru ce camp, en long, en large, en hauteur… J’en ai fouillé chaque recoin à la recherche d’un piège, d’un garde, d’une difficulté quelconque. Au bout de dix jours de recherche, j’ai du me rendre à l’évidence, à un prix terrible pour mon égo : Je pouvais m’en aller quand je voulais, seule la peur me gardait prisonnier. Encore dix jours plus tard, soit le temps qu’il m’a fallu pour vaincre cette peur, j’étais libre.
Trois flammes, trois courages. La flamme rouge du guerrier, le courage de faire face. La flamme jaune de l’artisan, le courage d’entreprendre. La flamme blanche du savant : le courage d’ouvrir les yeux.
Armés ne ces trois flammes, rien de nous résiste.
|
|  | | Dove Starostin Admin

Messages: 25 Date d'inscription: 06/08/2010 Age: 37
 | Sujet: Re: Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 Mar 12 Avr - 11:48 | |
| STOOOOOP, on lève le crayon, c'est terminé ! Comment ça on est en retard ? Mais non... - - - - - Il a fallu exercer une certaine pression sur les jurés les plus lents (mais néanmoins ô combien éminents) pour recueillir l'ensemble des votes. Le niveau du concours nous a plus qu'impressionnés. Et nous rendons hommage et remercions sincèrement tous les contributeurs pour leurs nouvelles. Mais, même si ce n'est pas le plus important, il faut toutefois un gagnant, et voici les résultats du concours : 1er Prix : Trois Flammes, de Cyril Pausch 2e Prix : Generation à Suivre, de Francis Dubrovna 2e Prix ex aequo : Projet LoveForever, de Shaya Aho Nous espérons que vous avez pris autant de plaisir que nous à découvrir toutes ces histoires. |
|  | | | | Le Premier Concours de Nouvelles du Codex : 4 février - 4 avril 2011 | |
|
Sujets similaires |  |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|