(note de rp : Arzhel était un rarius de Mélicérus, qui à la suite d'une expérience terrifiante chez les panthères, enlevé alors qu'il était de garde au village à coté de la citée, fut gravement brûlé sur toute la moitié de son corps. Une fois sur pied, les habitants notèrent son étrange disparition. (à venir), voici son histoire : )
[note : ce background ne doit pas être assimilé à un autre rp de mon personnage que celui du rarius sur Gor, donc pas de métagaming]
Je n'ai aucune trace de souvenir avant mes 5 ans... la mémoire est un chemin difficile d'acces, et il est souvent plus dur de la retranscrire fidèlement, que de livrer une féroce bataille.
Je suis né dans la citée de Mélicérus. Je pourrais ne pas le croire, si je n'avais pas en tête les flash de cette ville, et qui me rappelleront toujours d'où je viens.
Je me souviens par exemple, du jour de notre départ. Mon père, un marchand, avait organisé une caravane pour, soit-disant, se ravitailler, trouver de nouveaux fournisseurs dans des régions lointaines. Il avait bien sûr secrètement révélé à quelques hommes, la raison principale de son voyage. D'autres n'étaient pas au courant, le plus souvent des esclaves, les femmes des voyageurs ou, tel était mon cas, les enfants contraint à suivre les hommes.
Nous arrivions, à la frontière du désert de Tahari, à la suite d'interminables semaines de voyages. La lenteur de la caravane et les nombreuses escales dans différentes villes -qui d'ailleurs n'étaient ravis de nous accueillir seulement qu’après avoir vu les richesses de mon père- , nous fît prendre un temps excessivement long. Je compte bien deux années entières, car je me souviens avoir connu deux fois la main patiente pendant cette période. Ma mère, qui fut toujours pour moi un symbole de protection, me réconfortait souvent, car j'étais très émotif. Mon père me criait régulièrement dessus, il était alors persuadé que je ne serais jamais un "vrai" Goréen. Il reportait aussi la faute sur ma mère, et tentait par tout les moyens de couper nos liens, qui selon lui étaient les "chaînes de l'esclave".
J'arrivais alors à ma 12eme année. j'entendais de plus en plus souvent mon père menacer ma mère. Récemment, il avait alors confié à la caravane, ses plans. Beaucoup l'acclamèrent, car il avait réussi à obtenir l'admiration de la troupe, même avant son départ pour certains d'entre eux. Ceux, ou plus généralement celles qui refusèrent ses idées furent réduit en esclavage, voir massacrés. Mais, le soir même, s'était produit ce qui allait littéralement changer ma vie.
J'étais entré dans ce qui servait de logement à mes parents, et j'entendais presque comme tous les soirs les cris de mon père. Cependant, je crois l'avoir senti, même avant mon entrée, cette fois c'était différent. J'étais terrifié. Devant moi, mon père avait jeté ma mère sur le sol.. et sauvagement, lui avait retiré ses vêtements de dissimulations. Il tenait à sa main droite un collier d'esclave, gravé au nom de ma mère, comme s'il avait attendu sa réaction depuis son départ de Mélicérus. Ma mère pleurait, se débattait contre cet asservissement injuste, coupable du seul fait de n'avoir jamais approuvé les idées de mon père. Mais lorsqu'elle croisa mon regard, elle fut calmé immédiatement... ses yeux, à la fois emplis de tristesse et d'amour, me regardèrent comme pour la dernière fois. Mon paternel avait déjà abaissé le collier autours de son cou.
Soudain je m'écriai
-"NON !"
Je m'étais précipité sur mon père, et l'avais frappé d'un violent coup de poing au visage. Le coup le fit reculer de quelques pas, puis il me regarda, le visage emprunt de colère voir de folie. Je me préparais à recevoir le coup. Malgré tout, je constatais qu'il y avait mis toute sa force et sa rage , et je fus projeté de deux bon mètres à travers la pièce. Sur la table, il avait posé son aiguillon à tarn. Il le prit, et s'approcha de moi, l’interrupteur apparemment activé. Ce fut l'un des pires moments de ma vie. J'entendais ma mère crier..
-"Non ! Arrête.. je me livre à toi mais je t'en pris, arrête !"
Les coups de son aiguillon me portaient des décharges qui me marqueront tout le reste de ma vie. La seule main de ma mère parvins à l'apaiser... mais j'étais à demi conscient, je sanglotais, j'avais terriblement mal...
J'étais forcé de vivre avec l'image de ma mère en esclavage, je dis image, car ce n'était plus la mère que je connaissais. Elle m'ignorait totalement depuis ce fameux jour. Plus tard, j'appris qu'elle le faisait dans le seul but de me protéger.
Un jour, mon père m'avait pris par les épaules, et m'avait expliqué:
-"Écoute, fils, ne me trahis point pour ce que j'ai fais. Je l'ai fais pour de nobles causes, je pense que tu seras en mesure de comprendre lorsque tu grandiras. Je veux que tu deviennes un homme, et je suis satisfait de tes progrès."
Il voulait simplement faire allusion à mon propre comportement, hormis le coup de poing que je lui avait donné. Je ne pleurais plus, je ne me peignais plus d'avoir mal ci ou la. Aussi, ma nouvelle fréquentation fut un jeune forgeron, qui gardait dans n'importe quelle condition, le sourire. Ses cheveux étaient naturellement gris-sel, et ses yeux, d'une étrange couleur grise-violacés m'étaient devenus comme familier. Nous avions une petite différence d'âge, celle qui suffit de faire d'un enfant, un homme. Tous les jours, j'allais lui rendre visite, et il me donnait des nouvelles du village.
Un jour, alors que j‘allais le voir, il sembla impatient, et gardant son sourire presque légendaire, m'amena dans la pièce situé au fond de son échoppe, la forge elle même. Il voulait me montrer quelque chose d'unique, quelque chose que personne n'avait jamais vu dans tout Gor.
J'entrai dans la pièce, la chaleur de la fournaise me coupait la respiration. Je me demandai comment mon ami pouvait tenir dans de telles conditions. Il est évident que, même si l'on me surnommait le "petit forgeron", surtout en raison de ma présence quotidienne à la forge, je n’aurais jamais eu la capacité physique de tenir une vie dans un lieu pareil. Mon ami pourtant, ne semblait pas en être dérangé, il gardait son sourire.
-« Regarde, petit frère. » me dit-il.
Il me montra un objet étrange sur une table. Bien qu'à cette époque, je fus déjà assez grand, j'étais obligé de me tendre légèrement pour admirer son travail. C'était une arme, d'une manufacture remarquable. Je contemplais son œuvre, et soudain il me parut ne plus sentir plus la pression de la fournaise. J'étais comme absorbé par cette chose magnifique, cette pièce que j'avais attendue inconsciemment depuis des années. J'avais alors trouvé ma vocation. Ce n'était pas forgeron, et mon ami l'avait remarqué depuis le début. Il me regarda, ses paupières closes, dans une joie intense, son sourire grandissant.
-« Elle est à toi" sourit-il, "seulement il te faut apprendre à la maîtriser ».
Je le regardai. Je ne savais trouver mes mots. Pourquoi cet homme, alors même que je ne lui avais jamais rien apporté, m'offrait à présent l'œuvre de sa vie? Il sembla lire dans mes yeux, puis il prit l'arme, une épée, et me la porta dans les mains.
-« Ne refuse pas mon cadeau, je serai très vexé » me dit-il, plaisantant et riant aux éclats devant mon incrédulité.
Je la contemplais encore. Elle était vraiment belle. Sur la lame à double tranchant, étonnamment fine, se lisait une robustesse à toute épreuve. Elle était plus grande que la majorité des gladius goréen, environ 50 centimètres de long. A la fois légère, maniable, et dangereuse, je fis quelques mouvements pour la tester, ma main, tenant la garde sculptée, simple, mais séduisante. Un creux séparait la garde du manche. On aurait dit que je l'avais déjà domptée.
Le Forgeron me regarda, son habituelle mine réjouis, plus éclatante encore. Je le regardais à mon tour, et lui esquissa un sourire franc, un sourire que je n'avais plus donné depuis 4 années.
-« Merci, mon frère » lui dis-je.
Le lendemain, j’entrepris de trouver le capitaine de la caste rouge, Quintus. Je me souviens l'avoir vu refuser à mon père le rouge des rarius devants les citoyens, pour la simple raison qu'il ne le méritait pas, en dépit de sa volonté à être administrateur. Je ris intérieurement. Bien entendu, personne n'avait osé protester contre ce maître incontesté de l'épée. Finalement, mon père avait reçu le vert des médecins, pour ses "nombreux services rendus dans ce domaine". Mon rire devient amer en y repensant. Cependant il avait perdu beaucoup de crédibilité, et j'en étais pour cela redevable à Quintus. Je reconnu sa silhouette, fine pour un rarius, et ses long cheveux attaché à l'arrière, semblable à de la soie, bruns au reflet roux. Je courrai vers lui.
-« Capitaine ! »
Il se tourna vers moi. Son visage, impassible comme à son habitude, comme si l'homme avait été privé de tous sentiments, se pencha vers moi. Il était grand et impressionnant. Ses yeux derrière ses paupières à demi-closes lui donnait un air fier et hautain. Mes yeux le suppliaient presque. Je le saluais. Je tenais à ma main droite, l'épée du forgeron.
-« Faites de moi un guerrier ! » M'écriais-je.
Il me fixa un long moment. Puis j’aperçus un sourire mesquin s'esquisser sur le coté de sa bouche.
-« Pose cette arme gamin, tu vas te blesser »répondit-il en continuant sa route.
La colère me brûla le sang. Je le poursuivi.
-« S'il vous plaît Capitaine! J'ai choisi ma voie, je vous supplie de me former! »
Il m'ignorait, continuant sa route comme si je n'existais pas. Mon cœur tambourinait ma poitrine.
-« Capitaine ! »
Il répondit sans me regarder.
-« Ce n'est pas parce que tu es le fils de l'administrateur que tu as le droit à des privilèges »
La colère m’envahit. Comment pouvait-il me dire cela, alors même que mon père, cet homme cruel et vil, m'était presque aussi étranger qu'un homme venu de Port Kar. Il ne comprenait rien, j'étais bien décidé à lui dire le fond de ma pensée avant de lâcher prise. Mon regard s'embrasa.
-« Dans ce cas je demande le défis, je suis prêt à mourir »lui lançais-je sur l'instant, complètement inconscient de mes paroles.
Il s'arrêta, puis se retourna et me fixa dans les yeux. Je ne cillais pas, et soutenais son regard, emplis de rage. J'étais vraiment prêt à combattre. Il sourit de nouveau. Cette fois un sourire de curiosité.
-« Très bien, j'accepte de te former. Rendez-vous ce soir, à la vingtième heure. »
A la suite de cet entretient, je me précipitai chez mon ami le forgeron. Nous discutâmes toute l'après-midi, et j'avais perçu différentes émotion sur le visage de Korius. De la fierté, du bonheur, et, j'en fus surpris, de la tristesse et de la nostalgie. Je n'essayais pas de comprendre. J'avais l'impression que mille ans après, je serai encore assis, sur son échoppe, à discuter avec lui.
La vingtième heure arrivait. Je n'avais eu aucune information du lieu de rendez vous, et je marchais comme un aveugle dans la ville encore en construction. Une grande silhouette surgit brusquement de la pénombre, armée d'un gladius, et fonça droit sur moi. J'eus à peine le temps de me retourner, que mon maître d'arme se tenait à coté de moi, son arme pointée sur mon cœur. Il me regarda.
-« Ainsi, tu veux devenir rarius ? » dit-il sur un ton de moquerie.
Il aurait pu me tuer à sa guise. Je le regardai, à moitié effrayé, à moitié fasciné.
-« L'arène d'entraînement n'est pas ici... »
Je le suivais ensuite dans la nuit, vers un cylindre plus bas et plus large que les autre. Je n’avais aucune idée de ce qu’il attendait de moi. Son habitude à cacher ses sentiments me troublaient. Une fois à l’intérieur, nous nous fîmes face. Il me demanda de dégainer mon épée, et me présenta la réserve d’armes, et je m’équipai d’un bouclier. Lui-même dégainait un couteau courbe, je me demandais s’il se moquait de moi.
-« Bien, évaluons ton niveau » dit Quintus, en se précipitant brusquement sur moi.
Pris de surprise, je réussi à parer son coup d’une manière plutôt comique, mais instinctivement. Il me porta deux autres coups, précis et rapides. L’un d’eux s’arrêta au niveau de mon cœur.
-« Ce n’est pas si mal. Mais tiens mieux ton épée. »
J’étais médusé. « Pas si mal » disait-il, alors même qu’il aurait pu m’ôter la vie en trois coups.
Le reste de l’entraînement, je ne le combattais pas. Je m’exerçais plutôt par de nombreux entraînements physiques. Mon maître d’arme avait choisis de conditionner d’abord mon corps pour le combat.
Je rentrais dans la demeure de mon père, exténué, et je le surpris. Je perçu de la joie et de la fierté dans son regard. Je le haïssais. S’il avait perçu une seule de mes pensées, et la raison de mon enrôlement, il aurait sûrement ordonné ma mise à mort.
Les semaines passèrent, et ma progression était lente, mais continue. Plus tard, mon maître d’arme changea son couteau courbe en gladius. J’étais satisfait.
Mais tout bascula lors d’une après-midi, alors que je me dirigeais vers la maison qu’occupait mon père lorsqu’il n’était pas dans son palais. A l’intérieur, une esclave, ma mère. Je me précipitai vers elle, et elle se leva. Elle me serra dans ses bras, puis me regarda.
-« Arzhel, je m’en veux terriblement… »
Je haussais les sourcils, et lui demandais pourquoi.
-« Je suis désolée… » Répondit-elle. « Il n’y a que toi qui puisse encore faire cela. »
-« De quoi parles-tu ? » lui demandais-je.
-« Arzhel, sache que ton père n’est plus l’homme qu’il était. Après mon voyage d’acquisition, il a été le seul…le seul à me recueillir en tant que femme libre. Ne le juge pas trop sévèrement. Cependant aujourd’hui, la raison l’a quitté, il est aveuglé par le pouvoir. Arzhel, j’aurais aimé ne pas te demander cette faveur. Mais tu dois détruire l’Ubarat de ton père. »
Je ne fus pas surpris. J’avais vu ce que mon père et ses lois avaient fait. Je comprenais la détresse de ma mère. Je mis ma tête contre son épaule, et elle mit sa main dans mes cheveux.
Les événements se précipitèrent. Tout d’abord, l’échoppe de mon ami Korius avait mystérieusement fermé. Et mon seul ami avait disparu sans laisser de traces. Je passais donc mon temps dans les tavernes, où les hommes, éreintés par la tyrannie de mon père écoutèrent mes discours. J’essayais de leur ouvrir les yeux. Le fait que je sois le fils de l’Ubar m’avait été utile. Aussi, les hommes ne tardèrent pas à prendre les armes, et une rébellion éclata. D’un coté, il y avait ceux qui se disaient « de Mélicérus », de l’autre, ceux qui préféraient suivre mon père, et a qui on avait promis richesse et pouvoir.
Les combats faisaient rage dans les rues, et mon entraînement de Rarius n’était pas fini, cependant j’eu la bonne surprise de surpasser nombre de combattant à l’épée. Le soir, je n’allais évidement plus dans la demeure de mon père. J’avais aménagé une chambre dans le « QG » des rebelles. Souvent, je remarquais une silhouette à travers la fenêtre, mais je n’y prêtais pas attention.
La suite des événements allaient marquer une réelle fracture. L’issue des combats tournaient largement en faveur des rebelles. Un jour, alors que j’allais demander à mon père de cesser ses actions désespérés, qu’il avait perdu, je recroisais ma mère dans la même demeure. Horrifié, je couru à travers la pièce pour la soutenir, elle était couverte de sang…
Mon père évidemment n’était pas là.
Ses yeux brillaient en me voyant. Je remarquai sur la table des clefs, et je compris qu’il s’agissait en fait de celle du collier, la dernière « bonne » action de mon père envers ma mère. Je la fixais, elle me sourit tristement. Elle souffla ses derniers mots, entre mes bras, avant de succomber.
-« Je suis, si fière… »
Pendant un instant, je cru que le temps s’était arrêté. Puis un sentiment de colère, à faire sombrer plus d’un homme dans la folie, m’envahit.
Arrivé dehors, je courrai à perdre haleine, et je criais de toute mes forces le nom de mon père. Je passais de rue en rue, puis soudain, je m’arrêtai.
-« Tu n’es pas prêt. »
Mon maître d’arme se tenait devant moi, toujours aussi impassible. La colère m’avait complètement aveuglé.
-« ôtez-vous de mon chemin ! » dis-je, sans réfléchir.
Je vis Quintus hausser un sourcil, puis hocher la tête négativement, d’un air dédaigneux.
-« Je crains fort que je sois contraint de t’apprendre le respect. M’ôter de ton chemin ? J’aimerai bien savoir ce que tu me ferais si je refuse. »
Il dégaina son glaive en main droite. Je souris intérieurement. Pensait-il vraiment pouvoir me battre sans bouclier ? Je dégainais à mon tour, mon épée, et mon bouclier.
Puis dans une accélération surprenante, Quintus se précipita sur moi. A peine mon bouclier levé, je parais un premier coup, mais déséquilibré, il me trancha la peau, sans pour autant enfoncer entièrement la lame. En passant, il me chuchota à l’oreille :
-« Tu es mort »
L’entaille sur mon flanc, apeuré et furieux, j’essayai à mon tour de le surprendre en courant vers lui. Mais de son simple glaive, parait mes coups avec une facilité déconcertante, tout en m’humiliant de paroles, comme si nous étions en entraînement.
-« Pas assez rapide. Tu n’arriveras à rien comme cela. Loupé. Mais tu es idiot ? »
Il m’énervait. Je n’en pouvais plus. Nous croisâmes le fer. Je comptais l’avoir par la force. Il sourit, d’un air moqueur.
-« Tu es fort, cela ne fait aucun doute. Mais la force pure est inutile. »
Sur ses mots, il entreprit une botte, et m’entailla une nouvelle fois la peau. Je reculais, en sueur, pris d’une folie incontrôlable. Puis d’une dernière charge, je hurlai, et d’un coup fulgurant, j’essayais de transpercer Quintus. Je n’eus le temps que de voir la pointe de ses cheveux passer devant moi. Il avait esquivé si rapidement, qu’en quelques secondes il s’était retrouvé derrière moi. Les instants qui suivirent sont flou. Quelque chose me frappa à l’arrière du crane. Sûrement le pommeau de son gladius. Je tombais, inconscient.
Je me réveillais, contusionné, mes blessures avaient pourtant disparues. On m’avait drogué.
-« la caste verte, hein …» pensais-je, ironiquement.
Je n’avais plus aucune notion du temps, je regardais autours de moi. La salle était sombre, et je n’avais remarqué que l’éclat de mon épée, celle de Korius, et un bouclier à côté. Puis une porte s’ouvrit, et laissa passer la lumière du jour. Je sortais, armé, et lorsque je fus entièrement entré, la porte se referma derrière moi. Je levais la tête. J’étais dans une arène. De nombreux spectateurs étaient là. D’un coup, un homme annonça le début des hostilités. Brutalement, j’avais saisi le lieu où j’avais été transporté. Je cherchais mon adversaire et mis peu de temps à le trouver. Il devait s’agir d’un ancien paysan, dont la récolte avait été pillé par quelques brigands, et qui pour vivre devait combattre. Il tremblait, mais se dirigea sur moi, et tenta tant bien que mal de me porter un coup mortel. Je parais de mon bouclier, et mis que très peu de temps avant de le transpercer de mon épée. J’avais du remord. Ses yeux effrayés me fixaient. Il avait peur de la mort. Mais il n’avait pour avenir, que les citées de poussières. Il tomba à terre. J’avais fini mon travail. Les spectateurs réclamèrent un nouveau duel, ils n’avaient pas eu leur quotidien de sang.
Sitôt le combat fini, je fus forcé de rentrer dans le compartiment dans l’arène. Des hommes me désarmèrent, et, tentant de résister, je reçu un coup d’aiguillon dans le dos. A son contact, j’eus le souvenir de l’aiguillon à tarn de mon père, et me courbais. Il était là, me menaçant de son aiguillon. Puis sans prévenir, il me remit plusieurs coups, j’avais l’impression que mon père attendait ce moment depuis plusieurs jours. J’étais terrifié. Un autre homme lui arrêta la main. J’aurais pu lui être reconnaissant, si je n’avais pas reconnu mon maître d’arme, conseillant mon père de retenir ses coups s’il comptait se servir de moi plus longtemps pour gagner les paris au combat.
Plusieurs semaines passèrent, et sous la menace de l’aiguillon, je fus contraint à remporter de plus en plus de combat dans l’arène. Un jour, alors que je traversais la rue qui séparait l’arène du compartiment doté d’une cage que mon père avait loué, je cru reconnaître une silhouette sur un pont, et qui jouait au Jeu. Une personnalité, me dis-je.
Aussi, je fus forcé d’endurer les « crises » de rage de mon père, qui me rappelait douloureusement chaque soir comment j’avais mis fin à son pouvoir, et comment j’allais en payer le prix.
Un jour, à la suite d’un combat, je surpris une discussion entre Quintus et mon père.
-« Il n’y parviendra jamais, son adversaire est bien trop dangereux ! » dit le maître d’arme.
-« Allons, répondit mon père, je te signale tout de même que Tumit (c’était le nom qu’il m’avait donné pour m’annoncer dans l’arène) n’a jamais perdu de combat. Ce n’est pas le cas de Hith, je crois. »
-« Ton fils n’a eu qu’à affronter des ruffians, je te signale. Hith est complètement hystérique, a déjà eu affaire à des hommes bien plus forts qu’Arzhel. Et sa seule défaite, il ne l’a essuyé que face au champion, Œil de Larl, sûrement le seul combattant qui laisse la vie sauve à ses opposants, et qui n'a jamais été touché. »
-« Oui, tu le connais bien n’est ce pas ? »
La conversation s’était arrêtée là. Ils avaient du me surprendre en train de les écouter.
A la suite de cette conversation, je n’avais plus aucun doute. Ma mort était inévitable. Pourtant je ne fuyais pas. Je n’accorderai pas à mon père l’occasion de me voir fuir devant lui.
Le lendemain arrivait, et les portes allaient s’ouvrir pour, ce que je pensais, la dernière fois devant moi. L’arbitre nous présenta.
-« Citoyens d’Ar. Voici un combat attendu, le fameux Hith, contre un combattant qui tient encore sur ses jambes pour avoir essuyé une dizaine de combat, Tumit ! »
J’entrai, la tête haute, en aucun cas je ne mourrai sans m’être donné à fond. Mon adversaire arrivait, et je compris tout de suite le sens du mot « hystérique ». Il faisait craquer sa tête sur ses épaules, tout en riant, un sourire sadique accroché aux lèvres. Je pensais tout de suite à un ancien esclave exotique, dans son apparence disproportionné. Il était immense, et ses long bras armés d’une lance et d’un bouclier devait lui donner un avantage considérable en combat à mi-distance. Il ressemblait un peu à un gorille qui n’aurait eu aucune couche de graisse. Son corps était recouvert d’une épaisse cuirasse qui devait être difficile à transpercer. Je me préparai pour le combat quand soudain, l’arbitre annonça un nouveau challenger. Même les spectateurs semblaient étonnés.
-« Korius » dit-il. Ce nom résonna dans ma tête, et sembla se perdre. Non, ce n’était pas possible, ça ne pouvais pas être lui. Pourtant, lorsqu’il rentra, ses cheveux étaient un peu plus blancs qu’avant, mais on ne pouvait pas se tromper. Je me souvenais de la silhouette derrière la fenêtre du QG des rebelles. Je me souvenais du joueur dans la rue qui sépare l’habitat de mon père à l’arène. Il me surveillait donc. Mais pourquoi ? Dans quel but était-il venu jouer sa vie dans l’arène pour me protéger ? Je le voyais arriver, un large sourire enjoué aux lèvres, comme à son habitude, et il me fit un signe de la main. Je surpris Hith, rire de plus belle, se délectant d’avoir une nouvelle victime.
-« Le combat commence » annonça l’arbitre.
Je positionnai mon bouclier, et j’eus du mal à ne pas sombrer dans la peur en voyant mon ennemis se mouvoir, d’une étrange démarche. Il se dirigeait vers Korius, et mes jambes me portèrent jusqu’à lui pour aider mon ami. D’un coup de bouclier, Hith m’écarta de son chemin, puis porta un puissant coup de lance sur Korius, qui le para de justesse, mais qui fut projeté vers l’arrière par la force du coup. Le bouclier de mon ami tenait bon, il avait sûrement du le forger lui-même. Arrivé à la hauteur de Hith, j’esquivai un second coup de bouclier et tentais de lui trancher le torse d’un coup d’épée. Mais sa cuirasse m’arrêta, et je l’avais mis en colère. Mon bouclier prêt, je parais un coup puissant de la lance, mais qui le transperça totalement. J’essayais de ne pas m’éloigner, je savais qu’il serait bien meilleur à mi distance. J’entendis mon ami pousser un cri de rage avant de tenter de pénétrer la cuirasse de Hith en lui enfonçant sa hache dans le dos. Hith se courba, je fus soulagé de savoir qu’il n’était pas intouchable. Cependant, je fus surpris qu’il concentre sa nouvelle attaque sur moi. Cette attaque fracassa mon bouclier, au point de le rendre inutilisable. Je lui répondis par une contre-attaque, mais qu’il réussi à parer de son propre bouclier. Je fus contraint de reculer, et pendant ce temps, Korius avait commencé à tailler dans le vif, en plantant sa hache dans la même zone que son premier coup. Hith grogna et se retourna, portant un coup de lance sur le forgeron, qu’il para une fois de plus. Cependant, il n’avait pas les conditions d’accueillir une nouvelle charge, et fut projeté sur le mur de l’arène, perdant à moitié ses esprits. J’avais peur pour sa vie, et me rapprochais dangereusement de Hith. Celui-ci se retourna, et tenta de m’atteindre avec sa lance. J’esquivais du mieux que je pouvais, et me rapprochais encore plus de lui. Je fus moi-même projeté contre un mur, d’un coup de bouclier imparable. J’avais lâché mon arme, j’étais sonné. Hith se rapprochait de moi en marchant, riant, tournant ses yeux dans leurs orbites. Je tâtonnais le sable à la recherche de mon épée. Je la tenais mais trop tard. Hith se retourna brusquement, une hache fendait l’air se planta au niveau de son cœur. Il saisit le poignet de Korius. Il ne riait plus, mais le regarda bizarrement, en inclinant la tête. Je criais. Une lance était plantée à travers le corps du forgeron. Il arracha ensuite la hache de sa cuirasse, puis se tourna vers moi, éclatant de rire.
En deux petites secondes, j’avais empoigné mon épée, je m’étais levé, et avait pourfendu mon ennemis d’un coup de lame précis, là où la hache avait endommagé la cuirasse. Il tomba à terre, mort.
-«Korius ! » dis-je en me retournant vers lui. Il était à terre, et s'était débarrassé de la lance qui l'avait littéralement traversée. Il crachait du sang, sa fin était proche. Je m'agenouillai à coté de lui, des larmes coulais sur mes joues.
- « Pourquoi ! Pourquoi es-tu venu ! Que t'ai-je donc apporté qui puisse justifier ta détermination à me proteger ? »
Il me regarda, son sourire ne l'avait pas quitté. Il avait du mal à parler, et je dus m'approcher de lui pour l'entendre, dans ses derniers chuchotements.
- « Merci » me dit-il, et il me répéta « merci ».
J'étais étonné, je ne comprenais pas pourquoi il me remerciait, alors même qu'il avait donné sa vie pour sauver la mienne.
- « Tu as donné un sens à ma vie » réplica t-il.
Je haussai les sourcils, et soudain je compris. La couleur de ses cheveux, l'apparition prématurée des rides sur son visage. La raison pour laquelle cet homme avait livré un combat aussi acharné pour sauver ma propre vie devenait claire. Je lisais dans ses yeux l'angoisse de la fin, mais il continuait de sourire, et il me souffla ces derniers mots avant de s'éteindre :
- « Maintenant, tout comme moi, trouve ta voie ».
Je n'entendais plus les spectateurs hurler autours de moi, le temps semblait s'être arrêté. Le visage éteint de Korius me hantait. Le serum de stabilisation, voilà ce qui avait causé sa vieillesse prématurée, ce médicament sensé donner une longue vie à ceux qui le prenait avait eu l'effet inverse sur mon ami. Conscient de ses derniers jours, il avait essayé de se rendre utile pour quelqu'un. Je criais de douleur, et déjà les gardiens arrivaient pour me faire rentrer dans l'arène. Une folie s'empara de moi, une rage incontrôlable. Je pris mon épée, et commençais à massacrer tous ceux qui osaient s'approcher de moi. J'entendais crier « maîtrisez-le ! ». Je fus rapidement encerclé, et je senti quelque chose me piquer avant de sombrer dans le comas.
Dans mes pensées, je revoyais le visage de mon ami mort, et je perçus la voix de mon père à travers le sommeil.
- « Cette fois il est allé trop loin, nous avons seulement eu la permission d'un dernier combat. Ce sera son dernier. Le dernier de sa vie ».
Je me réveillais une fois de plus dans les loges de l’arène. Je savais ce que j'avais à faire. Mon prochain adversaire allait goûter de ma lame,j'étais déterminé à exprimer ma colère sur lui. « mon dernier combat » me dis-je. De toute manière, je ne comptais pas rester sans rien faire. De nouveau les cris des spectateurs, apparemment encore plus impatient qu'avant, la lumière aveuglante du jour, et la présentation de l'arbitre qui m'annonçait comme celui qui avait réussi à tuer deux féroces opposants lors d'un seul combat. Son manque de précision accentuait ma colère. Puis il annonça mon adversaire.
- « Citoyen d'Ar, je pense qu'il est inutile que je vous fasse la présentation de celui qui va de nouveau jouer sa vie dans l'arène, je veux bien sûr parler de... »
Mon cœur se mit à battre frénétiquement. J'allais enfin rencontrer ce fameux « œil de Larl ». Il avait réussi à battre Hith, sans le tuer, et sans se faire toucher ne serait-ce qu'une seule fois. Mais aujourd'hui c'était différent, je me sentais déterminé à mettre fin à sa suite de victoire une bonne fois pour toute.
Mon opposant marchait vers moi. Il était d'une stature imposante, une épaisse fourrure lui servait d'armure, et un simple gladius avec un bouclier était ses armes. Sa tête était à demi cachée par un véritable crane de Larl, et était recouverte d'une épaisse crinière qui dépassait à l'arrière. N'importe quel homme aurait été paralysé par la terreur en voyant un guerrier d'une stature aussi puissante.
L'arbitre annonçait le début du combat, et je fonçais sur mon adversaire avec toute la force de ma rage. Nous essuyâmes une première charge. Apparemment, œil de larl fut surpris par ma détermination : d'une mince coupure à son bras gauche perlait du sang. Je l'avais touché, il n'était pas invincible. Il se plaçait devant moi. J'essayais une nouvelle fois de le surprendre avec une nouvelle charge, mais cette fois c'est mon flanc qui fut entaillé. Les joutes qui suivirent me prouvèrent qu'il s'agissait effectivement de l'homme dont parlait le maître d'arme. Plus je le croisais, plus mes blessures étaient nombreuses, et je perdais beaucoup de sang. J'étais épuisé, mais je continuais mes charges insensées. D'un coup de bouclier violent sur mon arcade, je fus projeté à terre, à moiter inconscient. J'entendis ces paroles :
- « Tu t'es très bien défendu »
Puis je le voyais s'éloigner de moi en marchant. D'une colère noire, j'ignorais ma fatigue, et me relevais. Surprit, mon adversaire se retourna, et m'attrapa la main avant qu'elle ne l'atteigne. La fatigue me fit lâcher mon arme, qui tomba à coté de mon adversaire, puis je tombais moi même inconscient, avec l'impression que quelque chose me soulevait du sol.
Je me réveillai dans un petit logement, posé sur un lit. À coté de moi, un homme que je reconnu à sa crinière, mais qui ne portait pas son fameux crane était là. Je ne voyais qu'un coté de son visage, et je fus surpris en remarquant son œil totalement blanc.
- « Tu es réveillé ? » dit-il en tournant sa tête, et qui laissa son œil encore valide me regarder.
J'avais été totalement soigné, mais je ne comprenais pas ce que je faisais là. Puis il me posa une question.
- « Que faisais-tu dans cette arène ? »
La rapidité avec laquelle il m'amenait à ce sujet me perturba, comme s'il avait deviné quelque chose. Je décidais de lui raconter toute mon histoire.
- « Je vois » dit-il. « Alors tu es déterminé à prendre ta revanche ? »
J’acquiesçai. Je n'avais aucune idée des intentions de cet homme, qui me regardait d'un air compatissant.
- « Tu suivras mon entraînement » continua t-il.
Les journées qui passèrent furent les plus fatigantes de tout celle que j'avais connu. L’entraînement était de plus en plus intense. Un soir, nous eûmes une discussion concernant Quintus, mon ancien maître d'arme.
- « Il y a une chose que tu dois savoir concernant le maître à l'épée dont tu m'as parlé » me dit-il, « c'était mon élève ».
J'étais surpris, le simple fait d'imaginer Quintus élève de quelqu'un, même d'aussi fort, m'était complètement surréaliste .
- « Sûrement le plus brillant » ajouta t-il. « Mais un jour, il jugea bon de me défier, il ne comprenait pas pourquoi il devait apprendre quoi que ce soit de la part d'un homme moins fort que lui . Nous avons donc livré ce duel, que je ai remporté, mais j'y ai laissé un oeil ». Dit-il d'un air amusé. « Depuis cet échec, j'ai décidé de m'éloigner du monde « civilisé » ».
Il ajouta encore une chose qui me gêna presque.
- « Lorsque j'ai dit mon plus brillant, je me trompais, car aujourd'hui j'ai passé l'après-midi entière avec lui ».
Je n'imaginais pas combien j'avais progressé durant ces deux années d’entraînement avec œil de larl. J'avais eu vent des recherches qui avaient été effectués par mon père pour me retrouver. Il avait même payé des gardes qui devaient l'informer du nom de quiconque sortait de la ville. Il était devenu un marchant d'esclave plutôt réputé dans la cité d'Ar. Je n'ai jamais compris comment un être aussi vil que lui pouvait toujours s'en tirer à bon compte. Œil de Larl s'approcha de moi.
- « Aujourd'hui, tu sais tout ce que je sais, je n'ai plus rien à t'apporter. Mais n'oublie pas que toi, tu as encore des chose à t'apprendre ».
Je le remerciais pour tout ce qu'il m'avait apporté. Et j’espérai lui rendre un échange sur ce qu'il m'avait donné. Je devais rejoindre ma pierre de foyer, Mélicérus, mais je devais d'abord m'occuper d'une affaire. Et je savais exactement comment j'allais m'y prendre.
Lorsque mon père reçu cette étrange lettre d'un marchant itinérant, lui annonçant l'arrivée de belles femmes de Tharna, je ne fus pas surprit de le voir se précipiter le lendemain au lieu donné. Et je fus encore moins surprit de voir Quintus, qui me dévisageait comme à son habitude.
- « Mais qui voilà ! »dit-il, «Un fantôme ? Tu ne croyais tout de même pas que je n'allais pas deviner ton petit stratagème ? »
Mon bouclier et mon épée en main, j'étais impatient de voir le résultat de mon entrainement.
- « Les choses sont différentes, maintenant » dis-je simplement, et calmement.
Il avait l'air curieux, et sorti un simple glaive, et me répondit en souriant.
- « Eh bien voyons voir cela ! »
Des les premiers instant, je savais que les choses étaient différentes. Je le maîtrisais facilement, il ne pouvait plus se voiler la face : un gladius seul ne suffisait pas. Lorsque mon épée lui entailla la peau, pour la première fois, il fut à la fois incrédule, et en colère. Puis à ma grande stupéfaction, il sortit sa lame courbe, qu'il ajouta à son gladius, en me disant.
- « Certes tu as progressé, mais cela ne suffira pas, non cela ne suffira pas ! Penses tu réellement que je ne reconnais pas là, la technique de mon ancien maître d'arme ? »
J'étais confiant. Il ne pensait tout de même pas changer les choses en ajoutant une simple lame courbe à son équipement ? Cependant, la rapidité avec laquelle il réussit à m'approcher et me blesser me prouva le contraire. Je n'arrivais plus à suivre ses mouvement, sa technique de combat m'était totalement inconnue. Maintes fois blessé, je ne voulais pas que mes efforts fussent anéantis aussi facilement. Il était incroyablement fort. Soudain je repensais à ma mère, dans mes bras, à Korius et à son sourire, et enfin à la citée de Mélicérus, ma pierre de foyer.
- « Déserteur ! » criais-je, durant l'accomplissement de ma botte, et il sembla prit de stupeur. Ces quelques secondes suffirent à mon épée. Elle se fraya un chemin, jusqu'à la poitrine de Quintus, et le transperça. Il ne bougeait plus, il tomba simplement à genoux, mon épée maculée de son sang. Mon père venait d'arriver, et contemplant cette dernière scène, alluma son aiguillon à tarn, sur la puissance maximum en criant.
- « Ah je suis un déserteur ?! Que devrais-je dire de mon fils, qui m'a lâchement attaqué dans le dos, et qui continue de le faire ! »
J'étais paralysé à la vue de l'aiguillon, ma phobie ne s'était pas atténuée durant ces années. Ne pouvant bouger, je n'avais plus qu'à attendre que mon père mette fin à mes jours, car la puissance d'un aiguillon à tarn suffisait amplement à tuer un homme. Il se rapprochait lentement.
- « Il n'est pas trop tard mon fils, rejoins moi, et prend la place de Quintus à mes cotés. Je te pardonne toutes tes erreurs, et tu as la vie sauve ».
Machinalement, le lui répondais :
- « Je suis un guerrier de Mélicérus, je n'ai rien à faire avec un ennemi ! »
Poussant un cri de colère, il s’arrêta devant moi en brandissant son aiguillon, et en criant :
- « ALORS MEURS ! »
Je n'eus pas le temps de voir autre chose qu'un éclair blanc surgir directement au dessus de mon épaule. J'étais mort. C'est ce que je pensais, avant de voir un couteau courbe planté directement dans la gorge de mon père, qui agonisait à terre. L'aiguillon était tombé et s'était éteint. Je me retournais. Quintus était couché sur le dos.
- « Ta formation est terminée ». Me souffla t-il avant de fermer les yeux, et de s'éteindre.
Je ne sais combien de temps suis resté planté au même endroit, stupéfait, et pensant à ce que je pourrais bien faire à présent. Une voix familière m'annonçait
- « Ce n'était pas un échec, finalement ».
C'était œil de larl, et il contemplait les yeux pleins de larmes le cadavre de Quintus.
- « Repose en paix, mon fils » continua t-il, puis il se tourna vers moi. « Arzhel, tu dois retourner à Mélicerus. Ne t'en fais pas, je m'occupe de tout ici ».
Je n’oublierai jamais la gentillesse avec laquelle le vieil homme, œil de larl, m'avait apporté tout ce dont j'avais besoin pour commencer mon périple vers Mélicérus.
Je m'imaginais déjà apercevoir les remparts de ma citée, mais sans savoir comment les habitants allaient m’accueillir après toute ces années.
Je me sentais soulagé, délesté. Et d'un pas confiant, je quittais les remparts de la citée d'Ar.
- « En route pour Mélicérus ! »